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Domotique : 5 objets pour réduire sa consommation d’énergie en 2026
Le chauffage concentre l’essentiel de la facture énergétique d’un logement, et c’est précisément là que la domotique agit le plus vite. En quelques années, les objets connectés dédiés aux économies d’énergie sont passés du statut de gadget à celui d’outil de pilotage, du thermostat proposé par Ohm Energie aux prises capables de mesurer la consommation appareil par appareil. Reste à savoir lesquels font vraiment baisser la facture, et dans quel ordre les installer. Voici cinq équipements qui tiennent leurs promesses en 2026, avec les ordres de grandeur d’économies à en attendre.

Domotique et chauffage : ce qui change en 2026
Un rappel réglementaire s’impose avant de parler matériel, car beaucoup de propriétaires ont en tête une échéance qui n’est plus d’actualité. Le décret n° 2023-444 du 7 juin 2023 imposait à tous les logements, neufs comme anciens, d’être équipés d’un système de régulation automatique de la température pièce par pièce au 1er janvier 2027.
Ce calendrier a été modifié. Le décret n° 2025-1343 du 26 décembre 2025 a repoussé l’échéance au 1er janvier 2030 pour les bâtiments existants. L’obligation reste fixée à 2027 pour les constructions neuves dont le permis de construire est déposé à partir de cette date, ce qui ne change rien en pratique puisque la RE2020 impose déjà ces équipements. Les détails de l’obligation sont consultables sur le site du service public.
Autre point à connaître avant de sortir la carte bleue : la prime « Coup de pouce pilotage connecté du chauffage pièce par pièce », qui finançait largement ces installations, n’est plus mobilisable depuis le 22 novembre 2024. La prime CEE classique reste accessible sur la fiche BAR-TH-173, mais son montant est nettement plus modeste. Autrement dit, s’équiper en 2026 relève d’un choix économique, pas d’une contrainte administrative immédiate.
1. Le thermostat connecté, l’investissement à faire en premier
C’est l’objet dont l’impact est le mieux documenté. L’ADEME estime qu’un thermostat correctement programmé permet d’économiser jusqu’à 15 % sur la consommation de chauffage. La logique est simple : le logement n’est plus chauffé de la même façon la nuit, en journée quand personne n’est là, et le week-end. Baisser la température de consigne d’un seul degré réduit déjà la consommation d’environ 7 %.
Ohm Énergie propose un thermostat connecté selon une approche un peu différente de ce qu’on trouve en grande surface de bricolage. Le boîtier fonctionne sur le principe de l’effacement : il coupe brièvement les gros postes de consommation pendant les pics de demande sur le réseau électrique, par tranches assez courtes pour ne pas se ressentir sur le confort thermique. Le fournisseur annonce jusqu’à 15 % d’économies annuelles, avec une installation réalisée en deux heures, sans achat de matériel ni abonnement. L’application associée permet ensuite de suivre la consommation et de programmer les équipements pièce par pièce.
Cette solution concerne les logements chauffés à l’électricité, qui sont aussi ceux où la facture réagit le plus vite à une bonne programmation. Pour un chauffage au gaz, un thermostat filaire ou sans fil relié à la chaudière remplit le même office, avec un budget compris entre 100 et 300 euros pour les modèles courants.
2. Les têtes thermostatiques connectées, pour piloter pièce par pièce
Un thermostat central règle la température d’une zone de référence, généralement le salon. Il ne sait pas que la chambre du fond n’a besoin que de 17 degrés et que la salle de bain doit monter à 21 degrés une heure par jour. Les têtes thermostatiques connectées, vissées à la place des robinets classiques des radiateurs à eau, comblent ce vide.
Comptez 50 à 90 euros par radiateur, plus une passerelle si le système en réclame une. Le calcul devient intéressant à partir du moment où le logement compte plusieurs pièces peu occupées : chambre d’amis, bureau, pièce en enfilade. Le gain vient moins de la technologie que de la possibilité de cesser de chauffer uniformément des volumes qui n’en ont pas besoin. C’est aussi cet équipement qui répondra à l’obligation de régulation par pièce fixée à 2030.

3. La prise connectée avec mesure de consommation
Vendue entre 15 et 40 euros, la prise connectée avec wattmètre intégré remplit deux fonctions. Elle mesure d’abord ce que consomme réellement un appareil, ce qui réserve souvent des surprises : un vieux congélateur de garage, un sèche-serviettes oublié, un ordinateur fixe laissé branché en permanence. Elle coupe ensuite l’alimentation selon un programme ou une commande vocale.
Le gisement d’économies est réel. Selon l’ADEME, les appareils laissés en veille représentent de 10 à 15 % de la facture d’électricité d’un foyer hors chauffage et eau chaude, soit près de 80 euros par an. Box internet, téléviseur, console, chargeurs, machine à café : quelques prises programmées pour couper la nuit récupèrent une partie de cette dépense invisible. Une simple multiprise à interrupteur fait d’ailleurs le même travail pour 15 euros, à condition d’y penser tous les soirs.
4. Le programmateur connecté de chauffe-eau
L’eau chaude sanitaire constitue le deuxième poste de dépense après le chauffage, et c’est un poste largement mal réglé. Beaucoup de ballons électriques chauffent en heures pleines alors que leur propriétaire dispose d’un abonnement heures creuses, souvent à cause d’un contacteur jour/nuit mal positionné ou hors service.
Un contacteur connecté ou un module installé dans le tableau électrique corrige ce défaut et permet de déclencher la chauffe au bon moment, y compris en fonction des plages tarifaires spécifiques de certaines offres. Ohm Énergie chiffre à environ 250 euros par an l’économie possible sur un chauffe-eau correctement asservi. Le module coûte entre 40 et 120 euros et son installation demande un tableau accessible, voire l’intervention d’un électricien selon les cas.
5. Le suivi de consommation en temps réel
Dernier objet de cette sélection, et sans doute le plus sous-estimé : le boîtier de suivi qui se branche sur le compteur Linky ou sur le tableau électrique et affiche la consommation en direct, appareil par appareil pour les modèles les plus avancés. Il ne coupe rien et ne pilote rien. Il informe.
Son intérêt tient à un mécanisme comportemental bien identifié : voir sa consommation en euros au moment où elle a lieu modifie les habitudes plus efficacement qu’une facture reçue deux mois plus tard. Les retours d’usage font état de 5 à 10 % d’économies sur la première année, avec un effet qui s’atténue ensuite. Comptez 100 à 250 euros pour un boîtier autonome, sachant que la plupart des fournisseurs proposent désormais un suivi détaillé gratuit depuis leur espace client ou leur application mobile. Autant commencer par là avant d’acheter du matériel supplémentaire.
Par quoi commencer selon votre logement
- Chauffage électrique : thermostat connecté en priorité, puis programmateur de chauffe-eau.
- Chauffage central gaz ou fioul : thermostat relié à la chaudière, puis têtes thermostatiques dans les pièces peu occupées.
- Appartement bien isolé : le gain sur le chauffage sera limité, mieux vaut viser les veilles et le ballon d’eau chaude.
- Locataire : privilégiez les équipements non fixes, prises connectées et têtes thermostatiques, qui vous suivront lors du déménagement.
Ce que la domotique ne fera pas à votre place
Un point mérite d’être posé clairement. Aucun objet connecté ne compense une passoire thermique. Dans un logement mal isolé, le thermostat se contente de piloter intelligemment une déperdition. Les économies existent, elles sont simplement plus faibles en pourcentage que dans un logement correctement isolé, alors même que la facture de départ est plus élevée.
Deuxième réserve : ces équipements ne produisent des résultats que s’ils sont paramétrés puis laissés tranquilles. Un thermostat dont on force la consigne manuellement tous les soirs revient à un thermostat classique. Le bénéfice vient de la régularité de la programmation, pas de la technologie embarquée.
Questions fréquentes
Le thermostat connecté est-il obligatoire en 2026 ?
Non. L’obligation porte sur un système de régulation automatique de la température, programmable, qui n’a pas besoin d’être connecté. Elle s’applique aux logements neufs à partir de 2027 et aux logements existants à partir de 2030.
Combien coûte l’équipement complet d’une maison ?
Entre 300 et 800 euros pour un thermostat, quelques têtes thermostatiques et deux ou trois prises connectées, hors installation. Certaines offres de fournisseurs, comme celle d’Ohm Énergie, prennent en charge le thermostat.
Ces objets consomment-ils eux-mêmes de l’électricité ?
Oui, quelques watts en permanence pour les passerelles et les modules Wi-Fi. Cette consommation reste sans commune mesure avec les économies générées sur le chauffage, mais elle plaide pour ne pas multiplier les équipements inutiles.
En résumé
La domotique tient sa promesse d’économies à condition de viser les bons postes. Le chauffage d’abord, l’eau chaude ensuite, les veilles pour finir. Un thermostat bien programmé et un ballon correctement asservi couvrent à eux seuls la majeure partie du gisement accessible dans un logement moyen. Le reste relève de l’optimisation, utile mais secondaire. Et si le report de l’obligation à 2030 lève la pression réglementaire, il ne change rien au calcul économique : sur un poste qui pèse plusieurs centaines d’euros par an, un équipement amorti en une à deux saisons de chauffe reste un bon arbitrage.