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Resistance thermique R : comprendre le coefficient et calculer son isolation

Résistance thermique R : comprendre le coefficient et calculer son isolation

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La résistance thermique R est la grandeur physique qui mesure la capacité d’un matériau à s’opposer au passage de la chaleur. Plus le R est élevé, plus l’isolant est performant. Comprendre le R permet de comparer des isolants de natures différentes, de dimensionner correctement son isolation et de lire les devis de rénovation énergétique en toute connaissance de cause.

définition et formule de calcul

La résistance thermique R d’un matériau homogène se calculé par :

R = e / lambda

ou :

  • e est l’épaisseur du matériau en metres
  • lambda (λ) est la conductivité thermique du matériau en W/(m.K)
  • R s’exprime en m2.K/W

Exemple : un panneau de laine de roche de 10 cm (0,10 m) avec un lambda de 0,035 W/m.K à un R de 0,10 / 0,035 = 2,86 m2.K/W.

Pour une paroi composée de plusieurs matériaux superposes, les R s’additionnent : R total = R1 + R2 + R3 + …

Lambda : le critère de choix des isolants

Le lambda (conductivité thermique) caracterise chaque matériau. Plus il est bas, plus le matériau est isolant et moins l’épaisseur nécessaire est importante.

MatériauLambda typique (W/m.K)épaisseur pour R=4
Aérogel0,015-0,0186-7 cm
Polyurethane (PUR/PIR)0,022-0,0259-10 cm
XPS0,030-0,03811-13 cm
Laine de verre0,032-0,04012-15 cm
Laine de roche0,034-0,04213-16 cm
Ouate de cellulose0,038-0,04514-17 cm
Fibre de bois0,038-0,05015-20 cm
Liege expansé0,040-0,04516-18 cm
Laine de chanvre0,040-0,04815-19 cm
Beton cellulaire 400 kg/m30,100-0,13031-52 cm
Brique creuse0,200-0,40040-80 cm
Beton1,650-2,100260-340 cm !

Niveaux de R à viser selon la position et la zone climatique

Les niveaux de résistance thermique à atteindre varient selon la position de l’isolant dans le bâtiment et la zone climatique. Les niveaux requis pour être éligible aux aides (MaPrimeRenov’, CEE) sont :

PositionR minimum aide (H1)R minimum aide (H2)R minimum aide (H3)
Combles perdusR = 7,0R = 6,0R = 5,0
Rampants et toitureR = 6,0R = 5,0R = 4,0
Murs extérieursR = 3,7R = 3,7R = 3,7
Plancher bas (vide sanitaire)R = 3,0R = 3,0R = 3,0
Toiture terrasseR = 4,5R = 4,0R = 3,7

Les zones H1, H2 et H3 correspondent aux zones climatiques francaises : H1 (nord, montagne), H2 (centre et ouest), H3 (Mediterranee, DOM). Ces niveaux sont les seuils minimaux pour bénéficier des aides ; les bâtiments basse consommation visent généralement des niveaux 50-100 % supérieurs.

Uw, Up, Ug : les autres coefficients à connaitre

Au-dela du R des parois opaques, d’autres coefficients s’appliquent :

  • Uw (window) : coefficient de transmission thermique d’une fenêtre complète (vitrage + cadre). Unite : W/m2.K. Plus il est bas, moins la fenêtre perd de chaleur. Valeur cible en rénovation : Uw inférieur à 1,3 W/m2.K
  • Ug (glazing) : coefficient du seul vitrage (sans le cadre)
  • Up : coefficient d’une porte

Le R et le U sont inverses : U = 1/R. Un mur avec R = 4 m2.K/W à un coefficient U = 0,25 W/m2.K. Cette equivalence permet de comparer des parois opaques et des parois vitrees sur la même echelle.

Lire les devis et les etiquettes de matériaux

Tout isolant vendu en France doit afficher son lambda en W/m.K sur l’emballage. La valeur à retenir est le lambda déclaré (ou lambda utile), qui intégré les conditions reelles d’usage, pas le lambda du laboratoire. Certains fabricants annoncent des lambdas optimistes mesures en conditions ideales : exiger le lambda déclaré selon la norme NF EN 13162 (laines minérales) ou NF EN 13163 (PSE).

Dans un devis, le R attendu apres travaux doit être mentionne explicitement, ainsi que le lambda et l’épaisseur prévue. Sans ces informations, il est impossible de vérifier que les matériaux utilisés correspondent à ce qui est facture et que les seuils d’aide sont atteints. Pour approfondir, l’article sur les isolants biosourcés compare les performances de la laine de chanvre, de la ouate et de la fibre de bois sur cette même base de résistance thermique.

R et confort d’ete : ne pas confondre avec le déphasage

La résistance thermique R est une grandeur statique : elle mesure l’opposition au flux de chaleur en régime permanent (température constante de chaque côté). Elle ne dit rien sur le comportement dynamique de l’isolant, c’est-a-dire sa capacité à retarder le passage de la chaleur dans le temps.

Ce comportement dynamique est mesure par le déphasage thermique, exprime en heures. Un déphasage de 10 heures signifie que la chaleur entree le matin par la façade est restituee 10 heures plus tard dans la piece. Pour le confort d’ete, un déphasage de 8 à 12 heures est ideal : la chaleur de la journée n’atteint l’intérieur que la nuit, quand les pieces peuvent être ventilees par ouverture des fenêtres.

Deux isolants peuvent avoir le même R et des dephasages très différents. La fibre de bois (100-200 kg/m3) a un déphasage de 10 à 14 heures pour une épaisseur de 20 cm, la où la laine de verre de même R n’aurait que 2 à 4 heures de déphasage.

Pour les maisons en zone chaude (Midi, zone H3) ou pour les toitures exposees au soleil de plein midi, choisir un isolant à fort déphasage (fibre de bois, ouate de cellulose, liege) plutôt qu’un isolant à R équivalent mais à faible déphasage (polyurethane, laine de verre) peut faire une différence significative de confort estival, même si les R affiches sont identiques. La performance énergétique d’un bâtiment ne se résumé donc pas au seul R : c’est la combinaison du R, du déphasage et de l’inertie des parois massives qui déterminé le confort annuel reel.

Le R est donc un indicateur nécessaire mais insuffisant pour qualifier une isolation. Pour une approche complète, les professionnels de la thermique considerent la valeur du R pour les déperditions de chauffage, la masse thermique (kg/m2 de paroi) pour l’inertie, et le déphasage (heures) pour le confort estival. Ces trois paramètres ensemble permettent de concevoir une enveloppe performante dans toutes les saisons.