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Isolation du plancher bas : méthodes et matériaux selon la configuration
Le plancher bas représente 7 à 10 % des déperditions thermiques d’une maison non isolee. Dans une maison de plain-pied sur terre-plein ou sur vide sanitaire non isole, c’est souvent le poste d’isolation le plus facile à traiter en rénovation, avec un excellent rapport coût/performance. Les méthodes varient selon la configuration constructive : dalle sur terre-plein, plancher sur vide sanitaire ou plancher sur cave ou sous-sol.
Trois configurations, trois approches
Dalle beton sur terre-plein : la dalle est en contact direct avec le sol. L’humidité du sol peut remonter par capillarité si aucune coupure capillaire n’existe. L’isolation se fait par dessus la dalle (chape sèche ou chape flottante) ou, exceptionnellement, par une sous-couche avant coulage si la dalle est à refaire.
Plancher sur vide sanitaire : c’est la configuration la plus courante dans les zones humides. L’isolant peut être posé par dessous (dans le vide sanitaire, fixé sous le plancher bois ou beton) ou par dessus (en rénovation sous revêtement). La ventilation du vide sanitaire doit être conservée ou améliorée en même temps.
Plancher sur cave ou sous-sol non chauffé : la cave est un espace non chauffe, donc le plancher qui la surmonte est une paroi de séparation entre l’espace chauffe et l’espace non chauffe. L’isolant se pose en sous-face du plancher (en cave), ce qui evite de perdre de la hauteur dans les pieces de vie.
Matériaux selon la configuration
| Configuration | Position de l’isolant | Matériaux recommandes | épaisseur pour R=3 |
|---|---|---|---|
| Dalle sur terre-plein | Par dessus la dalle | XPS, PIR, PSE graphite | 8-11 cm |
| Plancher bois sur vide sanitaire | Par dessous le plancher | Laine de roche HD, ouate projetée | 10-12 cm |
| Dalle beton sur vide sanitaire | Par dessous ou par dessus | XPS collé, laine de roche sur ossature | 9-12 cm |
| Plancher sur cave | Par dessous (en cave) | XPS collé ou mécaniquement fixé | 9-11 cm |
Pour les planchers bois sur vide sanitaire, l’ouate de cellulose projetée est une très bonne solution : elle epouse parfaitement les irregularites du plancher, présenté une bonne capacité hygrique qui protégé le bois, et s’accompagne d’un filet de maintien qui la retient. La densité de projection doit être d’au moins 45 kg/m3 pour eviter le tassement.
Isolation par dessus en rénovation : la perte de hauteur
La principale contrainte de l’isolation par dessus est la réduction de hauteur sous plafond. Un système complet (isolant + chape + revêtement) peut représenter 6 à 12 cm de hauteur perdue. Pour les pieces avec une hauteur sous plafond standard de 2,50 m, cette perte peut être problematique pour les portes et les escaliers.
Solutions pour minimiser la perte de hauteur :
- Chape séché (isolant + plaque de platre ou OSB) : 4 à 6 cm de hauteur perdue
- Isolant à fort pouvoir isolant (PIR ou aérogel) : épaisseur réduite de 20 à 40 % pour le même R
- Isolation par dessous en cave si accessible : hauteur sous plafond de la cave réduite, mais pieces de vie inchangees
Plancher chauffant : les spécificités
Un plancher chauffant eau imposé une isolation sous-chape de R = 1,2 m2.K/W minimum en rénovation (et R = 2,5 en neuf). Un isolant sous-dimensionne sous plancher chauffant perd 30 à 50 % de l’énergie vers le bas. Le XPS et le PIR sont les matériaux les plus adaptés car ils supportent les charges et les cycles de chauffe.
Aides et coûts
L’isolation du plancher bas est éligible à MaPrimeRenov’ parcours par geste (jusqu’à 12 euros/m2 aide) et aux CEE pour les menages modestes et très modestes. Le coût moyen de la posé varié :
- Isolation par dessous en vide sanitaire : 25 à 50 euros/m2 posé
- Chape séché par dessus : 30 à 60 euros/m2 posé selon l’isolant
- Chape flottante humide : 45 à 80 euros/m2 posé
Combiner l’isolation du plancher bas avec l’isolation du vide sanitaire dans le même chantier permet de mutualiser les coûts de deplacement et d’echafaudage et d’obtenir une meilleure aide globale. Le guide spécifique sur l’isolation du plancher sur vide sanitaire complète ces informations.
Isolation du plancher bas et confort en ete
L’isolation du plancher bas est souvent associee à la lutte contre le froid en hiver, mais elle joue aussi un role en ete. Un plancher beton en contact avec le sol est naturellement frais en ete (le sol profond reste à 12-15 degrés en ete). Cette fraicheur peut être un avantage dans les regions chaudes si le sol n’est pas surrurface et si la ventilation nocturne est favorisee.
Dans ce contexte, isoler à l’excès le plancher bas peut réduire cette fraicheur naturelle. En zone H3 (Mediterranee), les professionnels de la thermique conseillent parfois de limiter le R du plancher à 2 ou 3 pour conserver l’effet rafraichissant du sol, au lieu de viser le R = 4-5 recommandé en zone H1. Cette nuance illustre que les seuils de performance doivent être contextualises selon le climat et les usages.
Pont thermique au pied des murs
L’isolation du plancher bas créé ou révélé souvent un pont thermique à la jonction plancher-mur. Si les murs ne sont pas isoles, la dalle beton qui rejoint le mur forme un chemin continu de déperdition entre l’intérieur et l’extérieur. En rénovation, si le plancher est isole mais pas les murs, ce pont thermique perimétrique peut représenter 20 à 30 % des déperditions par le plancher.
La bande perimétrique placée entre la chape et les murs lors d’une chape flottante traité ce pont thermique verticalement. Mais elle ne suffit pas si les murs extérieurs ne sont pas isoles. Combiner l’isolation du plancher avec une isolation des murs (ITE ou ITI) est donc plus efficace que chaque geste pris independamment.
L’isolation du plancher bas est fréquemment omise dans les projets de rénovation, les propriétaires concentrant leur attention sur les combles (les déperditions les plus evidentes) et les murs. C’est une erreur : le confort au niveau du sol est directement percu par les occupants (pieds froids, reticence à marcher pieds nus) et les économies réalisées sont proportionnelles à la différence de température entre le sol et l’air intérieur. Dans une maison avec un plancher sur terre-plein non isole, cette différence peut dépasser 5 à 8 degrés en hiver, ce qui créé un inconfort persistant même avec un chauffage par ailleurs suffisant.